12 septembre 2000 - 21 septembre 2004

J'ai voulu préparer une thèse de mathématiques, sans financement (pas la bonne année, seulement 3 ou 4 allocations de recherche). J'ai étudié un problème, une autre personne a trouvé la solution avant moi. Après avoir publié un article, j'ai voulu candidater à un poste d'ATER, mon directeur de thèse a refusé. D'autres ont été ATER sans avoir soutenu de thèse et sans publication.

Si les critères de recrutement sont aussi juste que ce qui précède, bon courage aux nouveaux docteurs.

 

 


 Sont-ils abrutis quand même certains mathématiciens !

Le gouvernement décide de ne pas remplacer les postes de ceux qui partent à la retraite, vont-ils signer des pétitions demandant que ces postes soient remplacés ?

Pas du tout !

Ils "montent" le niveau des candidats à un poste de MC (1):
- Augmentation de la durée de thèse (2) (durée normale 2 ans et demi, durée moyenne réelle 4 ans)
- Ils encouragent les post-docs et les contrats d'ATER (3).

Ah, j'oubliais! A mi-temps les postes d'ATER, pour pouvoir mieux se consacrer à ses activités de recherche, tout en gagnant autour de 1150 euros nets (4) par mois (à peu près le traitemant d'un agent recruté au niveau BEPC)

Avec tout ce peuple travaillant pour pas grand chose, plus besoin de recruter des fonctionnaires, la boucle est bouclée.

Et c'est pas fini!

En effet certains se réjouissent de cette situation, puisque cela leur permet de ne titulariser que le "meilleurs" et donc de se débarrasser de ceux qui ont travaillé 4, 5, 6 ou 7 ans sans parvenir à faire partie des quelques uns les plus productifs. Dans cette optique, un seul poste de MC par an pour toute la france serait encore mieux...



(1) maître de conférences
(2) diplôme de doctorat, pour quand google et yahoo viendront...
(3) attaché temporaire d'enseignement et de recherche
(4) les 2/3 du salaire d'un poste à plein temps

H
U
M
E
U
R



 26/11/2005
Toujours pas décoléré, en plus je commence a avoir envie de faire une BD sur ce que l'on voit dans un collège, en tant que prof.

@+

 

 

 

 

 

A gauche, Roussenq, l'incorruptible
http://gmarchal.free.fr/Le%20Bagne%20de%20Guyane/Roussenq.htm

 22/04/06

J'ai quitté l'enseignement et

je regarde les DVD de

Star Trek

 13/07/07 : Je me suis enfin calmée, ou plûtot j'ai oublié une partie de ma vie. Pour conclure, voici un extrait du blog de David Madore

 Le « système » dans lequel on rentre, actuellement (en France au moins, mais je soupçonne que c'est pareil ou pire partout dans le monde) en voulant devenir chercheur en maths (et encore, les maths sont une des disciplines les moins atteintes par ce fléau) est une véritable machine à broyer l'individu. On parle des ravages de la prépa, mais pour avoir vécu les deux j'affirme que la prépa n'est rien par rapport à ce qui vient ensuite pour ceux qui ont la folie de vouloir consacrer leur vie à la Science. Ce système vous répète à l'envi que vous êtes insignifiant et mauvais, que vous devez faire vos preuves (encore, et toujours, et encore, et toujours), que vous n'avez aucun droit, et surtout pas celui de (prendre le temps de) vivre, et que vous n'avez aucune place nulle part. Alors il y a plusieurs réactions possibles : régresser en enfance, ignorer/refuser le système (voire, le quitter complètement), sombrer dans la frénésie du travail (et je conteste que ça soit plus sain ou même plus productif mathématiquement) Ceux qui survivent ne sont pas forcément les meilleurs ou les plus utiles à la Science (même ceux qui passent en mode « frénétique »), ce sont les plus chanceux ou les plus résistants.

Moi je n'ai pas été broyé - pour l'instant - parce que la chance m'a souri (la chance, par exemple, dans les qualités remarquables de mon directeur de thèse, la chance d'avoir la place que j'ai, etc.) - pour l'instant. Mais je témoigne quand même de l'anxiété ressentie. À tel point que je me demande parfois, quand je vois des jeunes prêts à s'engager dans les maths, si je ne dois pas les en décourager : les maths sont quelque chose d'incontestablement magnifique, mais tout sera fait pour vous mettre des bâtons dans les roues.

Le fait est que mon parcours m'a donné l'occasion de rencontrer des jeunes incroyablement brillants, et aussi d'être témoin d'un incroyable gâchis de cerveaux. Je n'en dirai pas plus parce que je ne veux pas citer de noms, mais quand je pense à ce que sont devenus, ou ce que s'apprêtent à devenir, certains qui ne rentrent pas vraiment « dans le moule », j'ai envie de pleurer .

L'information est essentielle. Si j'avais su ce qu'était la vie d'un doctorant j'aurais tout fait pour empêcher notre fils de faire une thèse de physique des matériaux et épuisé et peu soutenu de son directeur de thèse préférer la mort à la poursuite de la galère à trois mois du but.
(Pierre B. 05.10.09 / forum du monde)
 

Omnes enim qui acceperint gladium, gladio peribunt
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